Programme

Quatuor Goya

Eglise 16 h00

Montauroux

 

  • ­­­­­­­­­Sylvia Huang , violon
  • Mirelys Morgan Verdecia  , violon
  • Saeko Oguma , alto
  • Honorine Schaeffer , violoncelle

Edward Grieg (1843-1907)   : Quatuor à cordes No. 1 en sol mineur, Op. 27
Imogen Holst (1907-1984)   : : Phantasy quartet
Maurice Ravel  (1875 – 1937) : quatuor à cordes en fa majeur

Quatuor à cordes No. 1 en sol mineur, Op. 27

Edvard Grieg n’acheva qu’un seul quatuor à cordes, en sol mineur, qu’il commença en 1877 et acheva en février 1878, il y a 140 ans, lors d’un long séjour dans la région du Hardanger située à l’ouest de la Norvège, qu’il aimait passionnément. Il en résulta une de ses plus immortelles musiques.

Né à Bergen en 1843, son parcours avait débuté grâce à la protection du fameux Ole Bull qui favorisa son départ, à l’âge de 15 ans, pour le conservatoire de Leipzig où pendant quatre années il étudia avec E.F. Wenzel, Ignaz Moscheles et Carl Reinecke. Il poursuivit ensuite sa formation auprès de à Copenhague tandis que son intérêt pour la musique populaire norvégienne fut éveillé par . De là, il enregistra un succès croissant comme chef d’orchestre, pianiste et compositeur, de partitions inspirées par le folklore de son pays. On connaît le succès mondial de ses Pièces lyriques pour piano et de son Concerto pour piano en la mineur. D’autres œuvres, dans le registre de la musique de chambre, ont diffusé dans l’Europe entière, en particulier les trois Sonates pour violon et piano, et celle pour violoncelle. Le Quatuor à cordes en sol mineur demeure injustement en retrait de cette popularité.

s’installa durant l’hiver 1877-1878 dans une modeste maison du Hardanger dans un état d’esprit pessimiste, perturbé par une crise personnelle et créatrice qu’il surmonta finalement. « Vous ne pouvez  tout simplement pas imaginer quels problèmes me causent les formes musicales, quoiqu’ils proviennent aussi partiellement du fait que je suis retenu par une pause  – qui, à son tour, est le résultat de toutes ces pièces commandées (Peer Gynt, Sigurd Jorsalfar et autres choses méchantes) et partiellement d’un excès de folklorisme. » En dépit de ces propos tourmentés, mais relativement réalistes, parvint à élaborer une œuvre majeure achevée en février 1878.

Il assista à la création de sa partition à Cologne le 29 octobre 1878 assurée par le quatuor à cordes de , formation qui allait défendre l’œuvre souvent en Allemagne, et ce, dès le 30 novembre de la même année au Gewandhaus de Leipzig.

l’entendit à Wiesbaden et l’apprécia immédiatement, se proposant  de le faire connaître sans tarder à Rome. Si l’accueil critique fut très partagé en raison d’une esthétique plutôt déroutante et d’un discours individuel, la réception publique, dans l’ensemble, exprima plus franchement son adhésion. Effectivement, dans cette œuvre, une singularité inhabituelle et bien différente de ses musiques précédentes de Grieg apparaît et s’impose. Rapidement, de nombreux commentateurs y décelèrent un authentique chef-d’œuvre caractérisé par ses choix mélodiques, ses trouvailles au niveau des timbres, son lyrisme personnel et ses atmosphères, traits saillants, au sein d’une structure homophonique et somme toute assez traditionnelle. Cet accueil ne put faire oublier la critique intraitable de Bernsdorf qui heurta la sensibilité du compositeur : « Nous n’avons ressenti que déplaisir et répugnance face à cette absurde matière, rassemblée sous le sceau du nationalisme norvégien… » Plus tard, le compositeur confiera mieux supporter ces mises à mort, avouant que « l’approbation du public sans a priori signifie davantage pour moi que tous les critiques réunis ». Un usage abondant d’accords altérés chromatiques, d’accords parallèles dissonants, de blocs sonores intéresseront les impressionnistes… (in Resmusica)

 

Phantasy quartet

Imogen Holst (1907-1984) a fréquenté la St Paul’s School for Girls, où son père, Gustav Holst, était directeur musical à partir de 1905. Elle est allée au Royal College of Music en 1926 et a étudié la composition avec Gordon Jacob et George Dyson, l’harmonie et contrepoint avec Ralph Vaughan Williams et direction avec W. H. (Billy) Reed. Avec un tel pedigree, sa musique aurait dû être enregistrée depuis longtemps ; les œuvres ici sont toutes des premières.

En 1928, Imogen Holst remporte le prix Cobbett pour son Phantasy Quartet. Cette œuvre de 10 minutes est écrite de manière transparente et au goût pastoral. Basé sur deux thèmes, qui apparaissent sous des formes différentes tout au long de la pièce, le quatuor atteint un point culminant passionné avant de se terminer paisiblement.

 

Quatuor à cordes en fa majeur

Gabriel Fauré, professeur de composition et ami de Maurice Ravel admirait la « sincérité désarmante » du travail de son élève. Les inspirations de Ravel sont éclectiques, allant de Couperin, Mozart, Debussy au jazz en passant par la musique hispanique.

Composé entre décembre 1902 et avril 1903, le Quatuor en fa majeur de Maurice Ravel est la seconde œuvre de chambre qu’il compose, à l’âge de 27 ans. Elle est dédiée à son professeur de composition, Gabriel Fauré, et inspirée par le Quatuor en sol mineur de Claude Debussy qui la précède de dix ans. Debussy se montre très enthousiaste au sujet se l’oeuvre de Ravel, parvenant même à dissuader l’auteur indécis de modifier son finale « Au nom des dieux de la musique, et au mien, ne touchez à rien de ce que vous avez écrit de votre Quatuor » lui écrit-il.